Devenir maman tout en portant un projet professionnel, ce n’est pas simplement « avoir deux casquettes ».
C’est vivre avec un bébé dans les bras… et une entreprise dans la tête. Et souvent, avec cette sensation d’être toujours au mauvais endroit.

Quand tu travailles, tu culpabilises de ne pas être assez concentré.
Quand tu es avec ton enfant, ton esprit est déjà ailleurs.
Ton cœur se partage, ton attention se divise, et ton énergie finit par s’effilocher.

Si tu te dis parfois « j’aimerais avancer mais je n’y arrive plus » ou « mon cerveau est partout sauf là où il faut », ce n’est pas un manque de motivation.
C’est ton corps qui parle. Et il est juste épuisé.


Quand on cumule maternité et entrepreneuriat, le corps entre très vite dans un mode de fonctionnement particulier : l’alerte permanente.
Nuits fragmentées, charge mentale élevée, responsabilités à gogo… tout ça maintient ton système nerveux sous tension, même quand t’es « au repos ».

Résultat : une fatigue qui disparaît plus vraiment, une digestion lente, des émotions plus fortes, une impression de courir partout sans jamais rattraper quoi que ce soit.

On te dira peut-être qu’il faut mieux t’organiser ou mieux planifier.
Mais la réalité est plus simple : ton rythme a changé, et ton corps ne peut plus forcément fonctionner comme avant.

Ce n’est pas toi qui as perdu en capacité. C’est ton contexte qui demande une autre façon de faire.


Le premier blocage, c’est cette impression constante de manquer de temps. T’essaies de faire avancer ton projet entre deux siestes, deux repas, deux imprévus. Et pourtant, ce n’est pas la quantité de travail qui te freine, mais le manque de clarté. Ton énergie se disperse, sans parler de ton perfectionnisme, ton cerveau sature, et la fatigue arrive trop vite.

Le deuxième blocage, plus vicieux, c’est la culpabilité. Dès que tu t’arrêtes quelques minutes, ton esprit te rappelle : tout ce que tu devais faire, et tout ce que tu n’as pas fait. Sauf que ton corps sait pas fonctionner sans pauses. Le stress s’accumule, l’énergie chute, et t’avances encore moins.

Le troisième blocage est le plus évident, mais aussi le plus mal compris : l’épuisement tout court. Le manque de sommeil, les repas pris trop vite, l’attention constante portée à l’autre… tout cela vide progressivement tes réserves. Et avancer devient mécaniquement plus difficile.

Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de ressources.


Les mamans entrepreneures qui tiennent ne sont pas celles qui en font plus. Tu l’auras compris, ce sont celles qui font autrement.

Elles ont compris une chose importante : leur énergie est une ressource rare et précieuse, elle est pas illimité.

Elle accepte que son rythme ait changé.
Son projet avance, oui, mais plus lentement, avec moins de pression et plus de respect d’elle même. Elle arrête de se comparer à la femme qu’elle était “avant bébé” et construit à partir de celle qu’elle est aujourd’hui. C’est de l’adaptation.

Elle cible son énergie au lieu de la disperser.
Plutôt que de s’épuiser dans des listes interminables, elle se concentre sur le principal. Trois actions utiles dans une journée valent bien mieux que dix tâches commencées à moitié. La clarté devient son moteur.

Elle s’appuie sur des rituels pour soutenir son système nerveux.
Un moment de gratitude le matin, une pause consciente dans la journée, une soirée plus calme quand c’est possible. Rien d’extraordinaire. Juste des points d’ancrage réguliers qui permettent au corps de souffler.

Et surtout, elle a intégré le repos comme une stratégie.
C’est lui permettre de durer.
Parce qu’un projet porté par une femme épuisée finit toujours par s’oublier, alors qu’un projet soutenu par un corps respecté peut évoluer et grandir dans le temps.


[Image – main posée sur le cœur, ambiance rassurante]

La première étape n’est pas de faire plus, mais d’identifier ce qui te manque : du temps, de la clarté, de l’énergie, ou juste du soutien. Tant que tu poses pas ce diagnostic, tu vas continuer à t’épuises à agir au mauvais endroit, au mauvais moment.

Ensuite, il s’agit d’accepter que ton quotidien ne redeviendra pas « comme avant ». Et c’est bon à savoir, c’est même génial. Ton projet peut grandir dans ce nouveau cadre, à condition que tu l’accepte et que tu t’y autorises.

Enfin, il est essentiel d’intégrer des gestes simples mais réguliers qui soutiennent ton corps : mieux manger, mieux t’hydrater, respirer plus lentement quand les nerfs montent, t’étirer, demander de l’aide quand tu peux. Ces micro-ajustements sont pas inutiles. Ils évitent justement le point de bascule.

T’as pas besoin d’attendre que tout soit rangé ou parfaitement aligné. On sait toutes les deux que ce moment-là n’exiiiiste paaaas.

Tu peux commencer de là où tu es, avec ce que t’as, et avancer tranquillement.


Le véritable secret des mamans entrepreneures qui tiennent n’est ni la discipline extrême ni la performance. C’est la capacité à écouter leur corps, à respecter leurs limites, et à avancer avec leur réalité.

Ton corps te protège. Et plus tu l’écoutes tôt, moins tu auras besoin de t’arrêter brutalement plus tard.

Être maman et entrepreneure ne demande pas plus de force, ni plus de discipline. Ca demande surtout plus de tolérance envers soit même.

Quand ton corps ralentit, quand il fatigue, c’est pas pour te bloquer, mais pour te protéger. Il dit juste que la façon dont t’avances mérite d’être ajustée.
T’as juste besoin d’apprendre à reconnaître tes points de « faibles » et à respecter ton énergie telle quelle vient.

Certaines femmes tiennent parce qu’elles en font moins. D’autres parce qu’elles s’écoutent mieux.
Et celles qui durent vraiment sont celles qui comprennent que prendre soin d’elles n’est pas une pause dans leur projet, mais une condition pour qu’il existe encore demain.