On entend souvent dire qu’il faut « retrouver l’équilibre ». Pourtant, quand on est fatiguée, tendue, ou mentalement chargée, ce mot peut sembler vague. Peut-être que tu te dis : « J’ai besoin d’équilibre, mais je ne sais même pas ce que ça veut dire concrètement », ou encore : « Je sens que je suis trop… trop fatiguée, trop stressée, trop sensible. »
Alors avant d’aller vers des solutions complexes, il est utile de revenir à un principe simple : l’équilibre naît toujours de la rencontre entre deux contraires.


L’équilibre, simplement

Le Larousse explique l’équilibre comme un état où deux forces opposées s’harmonisent. C’est vrai pour une balance, pour le corps, mais aussi pour les émotions ou le mode de vie. Ce principe est simple : il n’existe pas d’équilibre parfait, seulement des ajustements entre deux pôles.
Quand le chaud rencontre le froid, on obtient le tiède. Quand l’acide se mélange au basique, on obtient le neutre. Et quand l’effort rencontre le repos, on retrouve une forme d’énergie stable.

L’équilibre n’est donc pas quelque chose d’immobile ou de « parfait ». C’est un mouvement permanent qui t’invite à ajuster ce qui s’est décalé.


Les quatre humeurs : une ancienne façon d’expliquer l’équilibre dans le corps

Avant la médecine moderne, on utilisait un modèle appelé « les quatre humeurs » pour comprendre comment le corps réagit. Ce n’était pas une science exacte, mais une manière simple de lire les tendances d’un organisme : ce qui chauffe, ce qui refroidit, ce qui alourdit, ce qui assèche.

Ce modèle reste utile aujourd’hui parce qu’il permet de nommer ce que tu ressens, de comprendre pourquoi ton corps réagit d’une certaine manière, et d’observer tes propres déséquilibres sans te juger.

Le sang (chaud + humide)

C’est l’humeur du printemps : vitalité, mouvement, sociabilité. Quand elle est équilibrée, tu te sens dynamique et ouverte. Quand elle déborde, elle peut créer de l’agitation intérieure, de l’impatience, des inflammations ou une tendance à faire trop.

La bile jaune (chaud + sec)

C’est l’humeur de l’été : énergie, ambition, action. Équilibrée, elle apporte motivation et clarté. En excès, elle favorise la nervosité, l’irritabilité, les insomnies ou des troubles digestifs.

La bile noire (froid + sec)

C’est l’humeur de l’automne : réflexion, analyse, créativité. Quand elle est en équilibre, elle t’aide à approfondir, à comprendre, à créer. Mais en excès, elle peut entraîner des ruminations, de la tristesse, de la fatigue mentale ou un manque de légèreté.

Le flegme (froid + humide)

C’est l’humeur de l’hiver : repos, calme, stabilité. Équilibrée, elle apporte patience, douceur, régularité. En excès, elle crée de la lourdeur, un manque d’élan, de la congestion, ou un ralentissement global du corps.

Ces humeurs ne sont pas des étiquettes ; ce sont des tendances naturelles qui changent selon ton mode de vie, ton alimentation, ta saison de vie, ou même ton état émotionnel.


Quand l’équilibre se trouble

Un déséquilibre se manifeste souvent avant même que tu comprennes ce qui cloche. Le corps envoie des signaux :

  • fatigue plus forte que d’habitude,
  • digestion capricieuse,
  • irritabilité, brouillard mental,
  • tensions dans le cou,
  • poitrine serrée,
  • sommeil qui ne repose plus,
  • sensibilité accrue,
  • besoin de t’isoler.

Ce ne sont pas des « faiblesses ». Ce sont des indicateurs.

Quand tu sais quelle humeur prend trop de place, tu comprends tout de suite ce qui s’est décalé.
Par exemple, si tu te sens tendue, irritable, et que ton sommeil est léger : il y a probablement trop de « chaud + sec » dans ton système.
Si tu te sens lourde, lente, sans élan : il y a sans doute trop de « froid + humide ».

Reconnaître ce déséquilibre, c’est déjà commencer à aller mieux.


L’alimentation : un outil simple pour rééquilibrer

Dans cette vision ancienne, chaque aliment a lui aussi une « nature » : chaud, froid, sec ou humide.
Ce n’est pas une question de température, mais d’effet sur le corps. Et l’idée centrale est très simple :
on rééquilibre un excès par son contraire.

Quelques repères :

  • Les aliments chauds et humides renforcent l’énergie et la circulation (viandes rouges, fruits très sucrés, plats épicés).
  • Les aliments chauds et secs stimulent l’activité mais peuvent irriter s’ils dominent (aliments frits, protéines concentrées).
  • Les aliments froids et secs favorisent la réflexion mais peuvent fatiguer le système digestif s’ils sont trop présents (légumes racines, grains).
  • Les aliments froids et humides apaisent mais peuvent créer de la lourdeur (laitages, concombres, melons).

Le but n’est pas d’interdire quoi que ce soit.
C’est d’observer : de quoi ton corps a-t-il besoin pour retrouver un point de stabilité ?


Comment retrouver ton équilibre ?

Trois leviers simples existent pour revenir au centre.

1. Ajouter l’opposé :

Si tu as trop chaud, tu apaises avec du frais.
Si tu es tendue, tu ajustes avec du doux.
Si tu te sens lourde, tu vas vers du léger.

2. Éliminer ce qui surcharge :

Par le mouvement, la respiration, la transpiration, l’hydratation, la digestion… tout ce qui aide ton corps à circuler naturellement.
(Les anciennes pratiques médicales comme la saignée, les sangsues ou les ventouses sont citées dans une perspective historique, pas comme recommandations.)

3. S’abstenir de ce qui accentue le déséquilibre :

Limiter certains aliments, réduire le sucre, éviter les repas tardifs, respirer davantage, ralentir le soir. Il s’agit de créer un environnement où ton corps n’a plus besoin de se battre.


Ce qu’il faut retenir

L’équilibre n’est pas quelque chose que tu dois atteindre en permanence, ni un idéal impossible.
C’est un mouvement naturel, un dialogue entre ce qui chauffe et ce qui refroidit, ce qui allège et ce qui alourdit, ce qui t’active et ce qui te repose.

Il n’y a pas “une manière parfaite” d’être équilibrée.
Il y a simplement une manière qui te correspond, qui change selon les saisons, les périodes de ta vie, ton énergie du moment.

Plus tu observes ces variations, plus tu apprends à vivre avec ton corps plutôt que contre lui.
Et c’est dans cette écoute-là que le mieux-être commence.