Tu l’as sûrement déjà vécu : une remarque un peu sèche et ton ventre se serre, une peur et ton cœur s’emballe, une fatigue émotionnelle et tu te sens lourde comme si tu traînais un autre corps que le tien.
Ce n’est pas “dans ta tête”, ni un “je suis trop sensible”. C’est juste ton corps qui parle.
Et quand on est une femme, qu’on a mille choses en même temps, qu’on ne dort pas assez, qu’on pense pour tout le monde… forcément, ce lien corps/émotions devient ultra-réactif.

Ton corps ressent, réagit, compense — souvent avant même que tu réalises que ça ne va pas. Et plus tu essaies de “tenir”, plus il appuie sur le bouton rouge pour t’obliger à t’écouter.


Quand le corps prend le dessus : comprendre la “prédominance”

Ton corps n’est pas neutre, il réagit aux saisons, à ton alimentation, à ta charge mentale, à ton sommeil. Et tous ces éléments influencent ce qu’on peut appeler ta prédominance : une tendance à être plutôt chaude, plutôt froide, plutôt sèche, ou plutôt humide.

Ces tendances ne sont ni “bonnes” ni “mauvaises”.
Elles expliquent simplement pourquoi :
– certaines femmes deviennent irritables quand il fait chaud,
– d’autres se sentent tristes ou ralenties l’hiver,
– d’autres encore se sentent, “trop sensibles”, “trop fragiles”.

Un exemple simple

Imagine une femme de nature plutôt sèche.
L’été arrive : chaud + sec.
Elle mange grillades + épices : chaud + sec.

Résultat :
> Le chaud sec augmente encore → irritabilité, impatience, tensions, sommeil léger, tête qui chauffe.

Ce n’est pas “une crise”. C’est juste un excès dans une direction. L’émotion (colère) suit la nature du corps (chaud + sec). C’est logique. Et ça se rééquilibre.


Comment ton tempérament influence tes émotions

Ton tempérament, ce n’est pas “ta personnalité”, c’est plutôt ta physiologie émotionnelle.
Il bouge, il évolue, il s’intensifie quand tu es fatiguée, il se calme quand tu prends soin de toi.

Les quatre grandes tendances émotionnelles

1. Chaud + humide (tempérament sanguin)

Tendance à la joie, à la sociabilité, à l’enthousiasme.
Mais en excès → agitation, impulsivité, distraction.

2. Chaud + sec (tempérament bilieux/colérique)

Tendance à l’énergie, à l’action, à la détermination.
Mais en excès → irritabilité, impatience, mots blessants qui dépassent.

3. Froid + sec (mélancolique)

Tendance à réfléchir, analyser, comprendre.
Mais en excès → anxiété, rumination, fatigue mentale.

4. Froid + humide (lymphatique)

Tendance au calme, à la douceur, à la régularité.
Mais en excès → lourdeur, lenteur, manque de motivation.

Rien de tout cela n’est “mal”. C’est juste une manière de fonctionner.


Pourquoi ton humeur change… et pourquoi ta respiration suit le mouvement

Tu n’es pas “instable”. Tu es un être vivant, sensible à ce qui t’entoure.
Et ton humeur réagit aux saisons comme ton corps réagit au climat.

Les jours gris t’alourdissent.
La chaleur t’énerve ou t’épuise.
Le froid te ralentit.
Le printemps te donne un regain d’énergie presque sans raison.

Ce que tu ressens n’est pas un caprice : c’est ton corps qui s’adapte.
Et quand tu es déjà fatiguée, surchargée, en post-partum, stressée ou en manque de sommeil, ces variations deviennent encore plus visibles.
Ton corps a moins de “marge”, donc la moindre perturbation se ressent plus fort.

Et il y a un indicateur qui ne ment jamais : ta respiration.

Tu as déjà senti la “boule au ventre”, la gorge serrée, le souffle court ?
Normal : dès que quelque chose te touche, te stresse ou te submerge, ton diaphragme se bloque et ton cœur accélère.
Ton corps passe en mode “alerte”, même si la seule menace du moment, c’est simplement ton retard du matin ou une remarque qui t’as blésée.

Ce n’est pas psychologique, c’est physiologique.
Et c’est exactement pour ça que ralentir ta respiration peut apaiser ton émotion plus vite que d’essayer de te raisonner.

Quand ton souffle se calme, ton système nerveux comprend que tu es en sécurité.
Et quand ton système nerveux se calme, ton émotion redescend.


Comment rééquilibrer ton corps pour apaiser tes émotions

Voici des pistes simples, accessibles, réalistes pour ta vie de femme/maman submergée.

1. Comprendre ta tendance dominante

Avant d’agir, il est important de savoir comment ton corps fonctionne en ce moment.
Si tu remarques que tu es plutôt irritable et tendue, c’est souvent une tendance “chaude”.
Si tu te sens ralentie, sans énergie, c’est plutôt du “froid”.
Si tu es beaucoup “dans la tête”, dispersée ou anxieuse, c’est une tendance plutôt “sec”.
Et si tu te sens lourde, sensible, émotionnelle, c’est une tendance plutôt “humide”.

L’idée n’est pas de te coller une étiquette, mais d’identifier ce qui domine aujourd’hui, pour agir avec son contraire :
le chaud se calme avec du frais, le sec se soulage avec de l’humide, l’humide se régule avec du sec, et le froid se réchauffe.

2. Identifier l’émotion à la source

Une émotion que tu ignores ne disparaît pas : elle se stocke dans ton corps.
Une émotion que tu reconnais, elle, commence déjà à se transformer.

Prends quelques instants pour te demander :
« Qu’est-ce qui m’a réellement touchée ? »
« Où est-ce que je le sens dans mon corps ? »
Cette simple prise de conscience change déjà la suite.

3. Respirer pour relâcher le diaphragme

Ton diaphragme est souvent le premier à se crisper quand tu es tendue ou stressée.
Une respiration lente, régulière, pendant seulement cinq minutes le matin et cinq minutes le soir, suffit déjà à apaiser le système nerveux.

Par exemple le rythme 4-5-6; 4 secondes inspires en gonflant ton vendre, 5 secondes retiens ta respiration et 6 secondes expires tout l’air par la bouche. A répéter au moins 3 fois.

Ce n’est pas magique, c’est physiologique.

4. Soutenir ton microbiote

Ton moral et tes intestins sont bien plus connectés que tu ne le penses.
Un microbiote intestinal affaibli rend les émotions plus lourdes, plus difficiles à gérer.
Tu peux le soutenir avec des aliments tels que les fibres, probiotiques naturels, plantes, et une alimentation la plus brute possible. Mais parfois il est nécessaire de se complémenter afin de combler une carence importante.

Un ventre qui fonctionne mieux, c’est souvent un mental qui respire mieux.

5. Parler, vider, exprimer

Garder tout à l’intérieur ne fait qu’alourdir ce que tu ressens.
Parler, même une dizaines de minutes, vient “déplacer” l’émotion au lieu de la laisser tourner en boucle.

Exprimer ce que tu ressens n’est pas un signe de faiblesse. C’est une forme d’hygiène émotionnelle.

6. Revoir ton environnement

Ton corps réagit à ce qui l’entoure : la lumière, la chaleur, le bruit, l’air, l’espace.
Un simple changement, comme ouvrir la fenêtre, marcher dix minutes, boire chaud, s’exposer à la lumière naturelle, peut modifier ton état intérieur plus vite que tu ne l’imagines.

Ton environnement t’influence, qu’on le veuille ou non. Autant en profiter !

7. Trouver une activité qui te recentre

Tu n’as pas besoin d’une routine parfaite.
Une marche, quelques étirements, du dhikr, quelques lignes écrites dans un carnet, une tisane chaude ou un moment de lecture peuvent suffire à te ramener à toi.

L’important, ce n’est pas la durée. C’est la régularité, et le fait que ça te fasse du bien.


Ton corps ne te sabote pas. Il te parle.

Tes émotions ne sont pas « trop ». Ton corps ne « déconne” pas.
Il réagit. Il t’informe. Il cherche un équilibre.

Et plus tu comprends les liens entre ton corps, tes émotions et ton environnement,
plus tu peux agir avec douceur, moins dans la lutte, plus dans l’écoute.

Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour aller mieux. Tu as juste besoin de commencer par ce qui te parle… maintenant.