Le jeûne est partout. Dans les traditions, dans les discours bien-être, sur les réseaux. À côté, il y a les diètes, les régimes, les méthodes miracles et les promesses de transformation rapide. Résultat : quand ton objectif est simplement de te sentir mieux dans ton corps, plus légère… tu peux vite te sentir perdue.

Car entre ce qui est présenté comme “idéal” et ce que ton corps vit réellement, il y a parfois un monde. Et ton corps, lui, ne fonctionne pas aux tendance. Il fonctionne à l’équilibre et au bon sens.

Cet article n’est pas là pour te dire quoi faire, mais pour t’aider à comprendre. Comprendre ce que le jeûne peut apporter, ce qu’il peut fragiliser, et comment approcher ces pratiques sans te battre contre toi-même.


Le jeûne ne date pas d’hier. Il existe depuis toujours, dans les religions comme dans les civilisations anciennes. On le retrouve comme pratique religieuse, comme discipline intérieure, comme moment de recentrage, parfois même comme outil thérapeutique.

Dans l’islam, le jeûne n’est pas seulement un “arrêt de nourriture” : c’est un acte d’adoration, un entraînement du cœur, une reconnexion à Allah, à la gratitude, à la patience. Et ça change tout dans la manière de le vivre.

Le jeûne peut être bénéfique, oui, mais il doit être compris. Ce n’est pas une mode, ni une mini-punition alimentaire. C’est une pratique qui touche le corps et l’âme, donc qui demande du respect.

C’est là une nuance essentielle. Le jeûne peut être bénéfique, oui, mais seulement lorsqu’il est compris et vécu dans un cadre qui soutient le corps au lieu de le contraindre. Hors de ce cadre, il peut rapidement devenir une source d’épuisement, surtout chez les femmes déjà fatiguées, stressées, ou en surcharge mentale.


Aujourd’hui, on met beaucoup de choses dans le mot “jeûne”, et ce qui fonctionne pour une personne ne convient pas forcément à une autre, surtout quand on est une femme, maman, avec un rythme de vie exigeant.

Il existe plusieurs formes principales de jeûne. Les connaître permet déjà d’éviter bien des erreurs.

  • Le jeûne intermittent alterne des périodes où l’on mange et d’autres où l’on ne mange pas. Il peut convenir à certaines personnes en bonne énergie, mais devient souvent difficile à tenir pour des femmes épuisées, en post-partum ou avec des cycles fragiles.
  • Le jeûne hydrique, qui consiste à ne consommer que de l’eau pendant plusieurs jours, est une pratique très intense. Il sollicite fortement le corps. Clairement pas une option douce.
  • Le jeûne sec, comme celui du Ramadhan, associe abstention de nourriture et de boisson, mais dans un cadre précis et limité dans le temps.
  • Le jeûne religieux, quel qu’il soit, repose sur une sagesse et ses limites. Il est vécu avec intention, et pas juste comme une “détox”.

Hors le jeûne religieux, la question n’est donc pas : “Quel jeûne est le meilleur ?”
Mais plutôt : est-ce que ce jeûne soutient mon corps, ou est-ce qu’il l’épuise davantage ?


Le jeûne peut avoir des effets positifs lorsqu’il est bien adapté. Il peut offrir un repos digestif, aider à diminuer certaines inflammations, améliorer la gestion du sucre dans le sang, et parfois apporter une sensation de clarté mentale. Mais il peut aussi provoquer l’inverse si tu le fais alors que ton corps est déjà en limite. On ne joue pas à “qui tient le plus longtemps sans manger”. Ton corps n’a rien à prouver.

Car le jeûne est une pratique puissante. Et puissant ne veut pas dire “à faire sans réfléchir.

Lorsqu’il est mal choisi ou mal vécu, il peut entraîner :

  • une fatigue profonde,
  • des carences,
  • des vertiges, maux de tête,
  • une irritabilité marquée,
  • des perturbations du cycle,
  • un ralentissement du métabolisme,
  • et parfois une relation compliquée à la nourriture.

Ton corps ne fonctionne pas comme une machine qu’on met volontairement en difficulté pour “voir ce que ça donne”, on évite de se mettre ne cobaye. Il cherche toujours à s’adapter, mais cette adaptation a un coût. Et quand il est déjà fatigué, ce coût devient trop élevé.


Quand tu jeûnes, ton corps ne “nettoie” pas immédiatement. Il suit une logique très simple, très biologique.

D’abord, il utilise ses réserves de sucre. Pendant les premières heures, il puise dans le glucose stocké. Ensuite, il bascule vers les graisses, produisant ce qu’on appelle des corps cétoniques. Jusque-là, tout va bien.

Mais si la restriction dure trop longtemps, ou si ton corps manque déjà de nutriments, il commence à chercher ailleurs. Et ailleurs, ce sont souvent les protéines — donc les muscles. À ce stade, on n’est plus dans l’équilibre, mais dans l’adaptation forcée.

Le métabolisme ralentit. Tu te sens plus froide, plus lente, plus fatiguée.
Et le mental suit : difficulté de concentration, irritabilité, obsession alimentaire. Ce ne sont pas des faiblesses, ce sont des signaux normaux.

C’est là que beaucoup de femmes enchaînent avec une diète, pensant “faire mieux”. Keto, paleo, méditerranéenne, végétarienne, acido-basique… Chaque approche a sa logique, mais aucune n’est universelle.

Petit rappel des diètes les plus connues :

  • Keto/cétogène : très pauvre en glucides, riche en graisses.
  • Paleo : retour aux aliments bruts, peu transformés.
  • Méditerranéen : variété, légumes, huile d’olive, poisson — l’un des régimes les plus validés scientifiquement.
  • Végétarien / vegan : choix éthique possible, mais demande une vraie vigilance sur les protéines, le fer, la B12.
  • Sans gluten : utile si vraie intolérance, sinon pas indispensable.
  • Acido-basique : vise à réduire l’inflammation en misant sur légumes et fruits.

Une diète c’est un outil. Et un outil mal utilisé peut fatiguer plus qu’il n’aide.

Ce qui compte, ce n’est pas la « diète » que tu as décidé de mettre en place, mais sa capacité à :

  • nourrir ton énergie,
  • stabiliser ton système nerveux,
  • respecter ton rythme de femme,
  • soutenir ton corps sur le long terme.

Ce qui fonctionne pour une femme ne fonctionne pas forcément pour une autre. Ton corps, ton rythme, ton histoire, ton niveau de fatigue, c’est ça que tu dois écouter. Si ça te stresse ou t’épuise physiquement comme mentalement, c’est qu’elle n’est pas faite pour toi même si ça a été “validé” ailleurs.


Le jeûne peut être une lumière spirituelle et un repos corporel, surtout quand il est vécu dans son cadre naturel, avec intention et sagesse. Mais il ne doit jamais devenir un moyen de lutte contre toi-même, ni une manière d’ignorer tes vrais besoins.

Et les diètes ? Ce sont des outils. Pas des identités. Pas des prisons. Si ton alimentation te fatigue, si elle t’angoisse, si elle te coupe de ton corps, alors elle n’est pas bonne pour toi, même si elle est “tendance”.

Ce que tu cherches, au fond, c’est un équilibre : une manière de te nourrir qui te donne de l’énergie, de la stabilité, et un cœur plus apaisé. Et ça, ton corps sait te le montrer, quand tu l’écoutes vraiment.